Souvent négligée, notamment pour des questions budgétaires ou tout simplement parce que l'on n'a pas conscience de son importance, l'étude de sol est vivement conseillée avant toute construction. Pour cause, elle permet de déterminer les spécificités d'un terrain (nature, composition…) et donc sa constructibilité. Autrement dit, une telle étude géotechnique vise à évaluer la faisabilité du projet ainsi que sa viabilité et les risques qui y sont liés. Ainsi, si vous prévoyez de construire une maison ou un lot de résidences après avoir trouvé un terrain que vous jugez "parfait", nous allons vous expliquer dans ce qui suit en quoi consiste cette étude géotechnique. Nous allons de surcroît vous informer sur son importance ainsi que les risques auxquels vous vous exposez si jamais vous la négligez.
Conformément à la norme NFP 94-500, l'étude de sol se décompose en 5 missions géotechniques, lesquelles sont classées selon une nomenclature spécifique : G1 à G5. L'étude géotechnique à réaliser dans le cadre d'un avant-projet est connue sous le nom de "mission géotechnique G1". Celle-ci se divise en principe en deux phases :

Bien que l'étude géotechnique avant construction soit à la charge du maître d'ouvrage, sa concrétisation ne lui revient pas. Une telle opération se doit d'être réalisée par un géotechnicien expérimenté. Pour ce faire, ce dernier :
Pour ce qui est du coût de l'étude de sol avant construction, celui-ci est conditionné par différents critères. Parmi ceux-ci, on cite principalement :
Le mieux est d'effectuer une demande de devis afin d'avoir plus de précisions sur les frais que l'on doit prévoir. Mais de façon générale, les honoraires d'un géotechnicien ne représentent que 1% du prix de la maison.
Si l'étude géotechnique est facultative dans certains cas, elle ne l'est pas dans d'autres. Depuis l'entrée en vigueur de la récente loi Elan, elle est devenue une obligation légale en cas de vente de terrain à bâtir se trouvant dans une zone dite "à risque". Une zone est considérée comme telle lorsque son degré d'exposition au phénomène de terrain différentiel consécutif à la sécheresse et à la réhydratation est considéré comme moyen ou élevé. Les sols argileux sont ainsi les plus concernés, puisqu'ils sont à l'origine de la grande majorité des sinistres en maison individuelle.
Au moment de la signature du contrat, le vendeur transmet à l'entreprise qui interviendra sur le chantier de construction l'étude de sol. Tous les travaux que le maître d'œuvre s'engagera à réaliser se doivent alors d'intégrer chaque mesure rendue nécessaire par le risque de mouvement de terrain différentiel. En d'autres termes, les résultats de l'analyse lui permettront de déterminer le type de fondation à installer pour le projet.
Par contre, si le terrain à bâtir n'est pas situé dans une zone à risque, ou s'il se trouve dans un secteur où les dispositions d'urbanisme n'autorisent pas la construction de maisons individuelles, l'étude de sol n'est pas obligatoire. Mais bien que cela soit le cas, elle est vivement conseillée, car la solidité et la pérennité du futur ouvrage en dépendent. Elle est même exigée par certains assureurs et établissements financiers.
Obligatoire ou non, une étude de sol avant construction ne doit en aucun cas être négligée, que l'on souhaite construire une maison individuelle, un bâtiment de plusieurs étages, un garage, une extension… Pour cause, le terrain sur lequel le bâtiment va être construit peut receler bon nombre de risques qui ne sont identifiables qu'à l'issue d'une étude géotechnique. Si un terrain semble parfait à première vue, le sous-sol pourrait en effet être le théâtre de toute une panoplie de phénomènes géologiques.
Ainsi, mener une telle étude, c'est savoir ce qui se cache en dessous du projet de construction et bien sûr vérifier la constructibilité du terrain. En ayant connaissance des caractéristiques et contraintes du sol, on peut facilement définir le type de fondation appropriée, mais aussi les dimensions et la profondeur d'ancrage. Autrement dit, les résultats de l'étude géotechnique détermineront les propriétés que l'ouvrage doit avoir. On peut ainsi éviter, soit de surdimensionner les fondations, soit, a contrario, de les sous-dimensionner, auquel cas le futur ouvrage deviendrait instable. Bien sûr, les dispositions constructives d'une maison diffèrent selon que le sol est sableux, limoneux ou argileux.
Bref, une étude de sol constitue un gage de sécurité car elle permet de connaître en profondeur les caractéristiques du terrain constructible et bien sûr les différents aléas géologiques auxquels il est exposé. L'ouvrage peut ainsi se faire en toute sécurité, et ce, sans craindre que le terrain à bâtir ne supporte pas les fondations mises en place ou qu'il risque de bouger ultérieurement. On s'assure de surcroît de la pérennité des bâtis du fait que ceux-ci sont à l'abri des risques de fissures.
Les ouvrages qui ne sont pas fondés selon les préconisations d'une étude géothermique préalable s'exposent à de gros risques de fissures et d'instabilité. Il en va de même pour les bâtiments construits sur un terrain ayant fait l'objet d'une étude de sol incomplète. C'est donc comme si l'on naviguait en haute-mer sans avoir pris la peine de se renseigner préalablement sur les coefficients de marrée et les conditions météorologiques. En passant outre l'étape d'analyse géotechnique, impossible de construire une maison aussi solide que pérenne.